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Discours de Myriam Maestroni au forum Energie 2019

  • 16 févr. 2019
  • 4 min de lecture


Bonsoir à tous,


En premier lieu laissez-moi vous dire combien je suis contente de pouvoir parler d’efficacité énergétique ce soir, quand il y a, à peine, 8 ans lorsque je décidais de créer une start-up qui s’appelle Économie d’Énergie, la seule chose dont j’aurais été capable de parler c’était plutôt de pétrole ou de gaz. Je ne sais pas si cela constitue un exemple absolu de résilience, mais, en tout cas, ça y ressemble beaucoup !


Cette expérience me permet, en tout cas, d’affirmer que la résilience ça ne se décrète pas… c’est un phénomène d’adaptation souvent douloureux avant de devenir positif. Au-delà de ma propre expérience que j’ai partagé avec les plus grands professeurs de cette école, que je veux sincèrement remercier, ce sera ma façon de rappeler l’immense difficulté de trouver les moyens de répondre à l’urgence climatique en étant plus mobilisés, plus rapides et plus créatifs que jamais.


L’efficacité énergétique est bien sûr une des réponses à ce défi…ce sujet longtemps considéré comme un peu abstrait est finalement en train de s’imposer, et aujourd’hui, je crois, et en tout cas je l’espère, plus personne n’aura le moindre doute si j’affirme qu’il s’agit du pilier central de la transition énergétique, à condition de bien la définir avec l’ensemble des 4 leviers qui la caractérisent et que je vais rappeler tout de suite :


1. Le premier levier est celui de la sobriété, c’est-à-dire de la transformation de nos comportements énergétivores en nouvelles habitudes moins couteuses et moins émettrices de CO2. Les travaux de Richard Thaler, Nobel 2017, sur l’économie comportementale, nous ont appris que Smart n’est plus seulement là pour nous parler des technologies « intelligentes » mais aussi en tant qu’acronyme pour lutter contre la procrastination du « Save More Tomorrow » c’est-à-dire du « j’épargnerai plus demain », et donc en s’y mettant dès aujourd’hui pour ceux qui ne s’y sont pas encore déjà mis.


2. Le deuxième levier est celui de la rénovation énergétique, car on a beau faire les meilleurs efforts du monde pour changer nos comportements et adopter de nouvelles habitudes moins énergétivores, cela ne suffit pas… dans un pays, où rappelons-le la moitié des logements consomment en moyenne 7 fois plus qu’un logement neuf. Depuis quelques jours le sujet s’est même invité à Davos et a fait la une de tous les journaux avec la fameuse chaudière à 1€ posée et installée, qui vient compléter le dispositif d’isolation des combles, des planchers, des murs notamment, pour n’évoquer les travaux gratuits…


3. Le troisième levier est celui de l’optimisation énergétique grâce aux technologies intelligentes, smart meter, smart box…qui doit permettre à chacun de comprendre comment consommer mieux et moins,


4. Enfin, dernier levier, en tout cas pour 4 millions d’entre nous, cette nouvelle opportunité de pouvoir autoproduire et consommer sa propre électricité


Vous les voyez un parcours complet qui transforme l’usager d’hier en éco-consomm’acteur-producteur, finalement devenu incontournable dans la nouvelle équation éco-énergétique.


Construire la résilience en matière d’efficacité énergétique, passe par 3 autres conditions fondamentales :

-compter sur une réglementation solide et offrant de la visibilité, c’est le cas depuis 2006, avec des hauts et des bas, et donc je salue la PPE et la Directive Européenne qui projette à l’horizon 2028-2030 cet enjeu fondamental

-avoir recours aux technologies du numérique qui vont rendre accessible à tous, partout, les informations nécessaires pour consommer moins, et donc de massifier, accélérer

-enfin faire confiance aux entreprises sur le terrain, capables de relayer les initiatives et politiques publiques mais aussi de promouvoir les nouvelles compétences dont on risque de manquer pour répondre aux besoins de ces nouveaux marchés


Depuis son démarrage, Économie d’Energie, qui a vocation à agréger l’ensemble des services répondant aux questions des particuliers ou des entreprises pour réduire durablement leur consommation d’énergie, -et que je définis souvent comme DEEEESSCO (version démocratique et plus globale de l’ESCO = Digital Energy Energy Efficiency Environment Service and Solutions Company)- a accompagné plus de 600.000 travaux dont plus de 100.000 sur la seule année 2018, et ce, au sein d’un écosystème aux côtés des plus grands noms de l’énergie, mais aussi de la distribution, de la banque, de l’assurance ou encore, dernier en date de La Poste avec la plateforme Action-Habitat-Travaux qui peut dès à présent intégrer Certificats d’Économie d’Énergie et aides de l’ANAH partout sur le territoire.


Ce retour d’expérience qui permet sans doute de mieux comprendre et appréhender le rôle d’un client, longtemps juste vu comme bon à payer des factures, et aujourd’hui de plus en plus souvent en situation de précarité énergétique, en acteur clé de cette nouvelle donne et qui démontre combien le C2B peut bousculer les habitudes d’un secteur encore très industriel, et susciter l’intérêt de nouveaux acteurs et de nouvelles alliances.


Ces mêmes constats peuvent se décliner au niveau européen, avec donc une belle opportunité pour la France d’exporter son savoir-faire et de créer de nouveaux marchés, dans lesquels croissance peut rimer avec amélioration de la satisfaction des clients-citoyens, et lutte contre le changement climatique… et, à quelques semaines, des élections européennes, sans doute, de promouvoir une Europe de l’Énergie, de l’Efficacité Énergétique et de l’Environnement (#E5T)

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